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La NAACP adopte une résolution condamnant la campagne de peur et d’intimidation de Nissan

Les délégués assistant à la 104e convention nationale annuelle de la NAACP à Orlando ont poursuivi leur combat pour la justice sociale en votant à l’unanimité leur soutien aux travailleurs de Nissan et d’autres usines automobiles appartenant à des sociétés étrangères basées dans le sud des États-Unis.

« Cela fait longtemps que la NAACP et l’UAW s’unissent pour défendre ce qui est juste pour les travailleurs, les familles et les communautés », déclare Benjamin Jealous, président et chef de la direction de la NAACP. « Il est de notre mission et de notre responsabilité de faire progresser les droits universels de l’homme et les droits civiques. Aux États-Unis d’Amérique, aucun travailleur ne devrait être menacé ou intimidé dans sa lutte pour se faire entendre sur son lieu de travail et pour avoir une chance d’offrir une vie meilleure à sa famille et à sa communauté. »

Le soutien à la résolution s’est accordé au thème musical de la convention « We Shall Not Be Moved ». Les discussions ont ensuite porté sur les tentatives actuelles de faire reculer les progrès de la lutte pour les droits civiques, ainsi que les efforts des défenseurs des droits humains et civiques pour combattre ces dernières.

« Nous sommes fiers de ce partenariat de longue date avec la communauté des droits civiques et de notre engagement commun envers l’équité pour tous », a déclaré Bob King, président de l’UAW. « Ceci envoie un message fort de soutien aux salariés de Nissan en difficulté à Canto et Smyrna, qui créent des produits de qualité au meilleur prix pour les consommateurs et souhaitent en retour une solution qui leur apporte dignité et justice dans leur travail. »

La résolution affirme, entre autres, que selon la Déclaration de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) relative aux principes et droits fondamentaux au travail, le droit de constituer des syndicats et de participer aux négociations collectives est un droit humain et universel.

La NAACP invite expressément Nissan et les autres constructeurs automobiles étrangers à accorder à leurs ouvriers basés aux États-Unis les mêmes droits que ceux dont jouit leur main-d’œuvre dans les autres pays du monde. Elle appelle Nissan et les autres constructeurs automobiles étrangers à abandonner leur comportement antisyndical et à offrir aux travailleurs américains les mêmes droits humains que ceux qu’ils accordent dans le reste du monde : le droit de constituer un syndicat et de participer aux négociations collectives.

Les ouvriers et leurs sympathisants déclarent que Nissan a instauré un climat de crainte sur le lieu de travail afin de décourager les travailleurs de soutenir un syndicat, en recourant à des tactiques telles que :

  • L’organisation de réunions et de tables rondes antisyndicales dans le but de créer une atmosphère de crainte
  • La diffusion de vidéos antisyndicales sur les écrans télévisés de l’usine au cours de la journée de travail
  • Insinuer que la syndicalisation engendre la fermeture des usines ou le licenciement des ouvriers

Le code du travail des États-Unis est insuffisant et ne protège pas entièrement le droit fondamental des travailleurs à s’organiser. Les ouvriers de Nissan demandent à l’entreprise de respecter les principes suivants pour leur permettre de bénéficier d’une élection syndicale libre de toute intimidation, sans subir de campagne d’information unilatérale :

  • Interdire au syndicat et à l’employeur de dénigrer la partie adverse
  • Accorder un temps et un accès égaux aux militants syndicaux pour discuter avec les travailleurs lorsque l’employeur organise une réunion contre le syndicat pendant les heures de travail
  • Interdire le recours à la contrainte, aux menaces et à l’intimidation pour empêcher les ouvriers d’exercer leur droit d’adhérer ou non à l’UAW

« La NAACP, déclare Jealous, travaillera avec les syndicats, les responsables communautaires, le clergé, les étudiants, les défenseurs des droits civiques et d’autres organisations partenaires pour exiger de Nissan et des autres constructeurs automobiles étrangers le respect du droit des travailleurs à une élection syndicale libre et juste ».

« Nos membres ont également très clairement exprimé notre fierté d’être aux côtés de l’UAW et de personnes, organisations et groupes partageant les mêmes idées, dans la lutte contre cette tyrannie qui vend le rêve américain au plus offrant, tandis que les travailleurs, leur famille et notre communauté souffrent », a affirmé Jealous.

Le journal Clarion Ledger de Jackson, Mississippi, publie un article d’opinion majeur dans lequel l’évêque Crudup qualifie la conduite de Nissan d’immorale

dealershipLe journal Clarion Ledger a publié un article d’opinion important rédigé par l’évêque Ronnie C. Crudup Sr., chargé de l’administration de la communauté fraternelle d’églises Fellowship of International Churches et pasteur principal de l’église New Horizon Church International à Jackson. L’évêque Crudup remarque, dans l’article, que « Nissan est une société qui a de bonnes pratiques syndicales dans beaucoup d’autres pays du monde, mais pas aux États-Unis ». Il ajoute : « La réaction de Nissan face au souhait de ses employés du Mississippi d’exercer leur droit fondamental de se syndiquer a été dure et contraire à l’éthique. »

L’évêque rapporte avoir parlé à des dizaines de salariés de Nissan qui adorent leur travail et souhaitent travailler chez Nissan jusqu’à leur retraite, mais qui désirent également « du respect pour leur travail, un forum au sein duquel traiter les conditions injustes et un recours lors des litiges ». Il a constaté que « les travailleurs de Nissan et des autres usines automobiles du sud des États-Unis sont sous-représentés. Personne n’est à leur côté au quotidien pour défendre leurs intérêts, et ils n’ont généralement que peu de recours en cas de traitement injuste sur le lieu de travail. »

Il est très important que les ouvriers eux-mêmes choisissent de se syndiquer ou non sans crainte ni intimidation. L’évêque a choisi de s’impliquer dans l’organisation Mississippi Alliance for Fairness at Nissan « par principe, pour la justice et pour soutenir les plus modestes. J’estime qu’en Amérique, un groupe de travailleurs devrait avoir le droit d’être représentés s’ils le souhaitent et d’entendre les deux parties de manière équitable, sans harcèlement ni intimidation. Lorsqu’un processus libre et équitable sera en place, je serai satisfait de la direction que les ouvriers décideront de prendre, quel que soit leur choix.

Voici un lien vers cet article

L’organisation Concerned Students for a Better Nissan sensibilise les clients à la manière dont l’entreprise traite les travailleurs

Au nom de l’organisation d’un syndicat par les travailleurs de Nissan, le célèbre activiste Danny Glover et les militants étudiants du Mississippi ont recruté des centaines d’étudiants volontaires pour une visite, au cours du printemps, des campus des universités et collèges traditionnellement réservés aux Noirs (HBCU). L’organisation étudiante Mississippi Student Justice Alliance (MSJA) vise à élargir le soutien aux travailleurs de Nissan à tout le sud-est des États-Unis.  Les étudiants stagiaires de la MSJA ont visité divers salons de l’auto au sein du pays et ont organisé des activités de campus en soutien aux travailleurs de Nissan.  Les étudiants incitent vivement les clients des concessions Nissan à « choisir la justice », expliquant que même si Nissan construit de très bonnes voitures, la manière dont l’entreprise traite ses salariés américains est inadmissible.

« Nous sommes très contents des réactions positives que nous avons reçues des jeunes de Miami ; les étudiants sont de plus en plus conscients de la situation dans le Mississippi, et ils ne tolèrent pas le traitement injuste subi par les salariés de Nissan », déclare Katriñe Arnedo, qui entamera sa troisième année cet automne à l’Université de Miami.

La délégation brésilienne fait plein feu sur la mauvaise conduite de Nissan

Brazil3Sur l’invitation des trois principales fédérations syndicalistes du Brésil, une délégation du Mississippi s’est rendue au Brésil fin juin pour partager l’histoire des salariés de Nissan Mississippi. Les syndicalistes et militants de la communauté ont fortement exprimé leur soutien au droit des salariés de Nissan d’adhérer librement à un syndicat, et ils se sont fermement engagés à continuer à les soutenir grâce à d’avantage d’actions de sensibilisation auprès du public brésilien.  Les Brésiliens ont exprimé leur indignation face à la suppression des droits des ouvriers de Nissan dans le Mississippi lors de plusieurs manifestations dans des concessions Nissan de Sao Paulo et lors d’un rassemblement de plus de 600 salariés à l’usine Renault.

La délégation se composait du président de la NAACP Mississippi, Derrick Johnson, des techniciens de Nissan Carl Patton, Wayne Walker et Morris Mock, du président de l’UAW Bob King et de l’acteur/militant Danny Glover. L’implication de Glover a suscité beaucoup d’intérêt de la part des médias. Celui-ci a d’ailleurs fait une apparition dans un programme télévisé très populaire diffusé sur la chaîne TV Globo : le Joe Suares Show. Le voyage de la délégation a été largement couvert par les principaux médias brésiliens.

Le voyage a été chargé en événements importants, dont une session avec le directeur de cabinet du président brésilien, une rencontre avec le maire de Sao Paulo, ainsi qu’une audition parlementaire sur la violation des droits des travailleurs par Nissan aux États-Unis. Des rencontres ont également été organisées avec les dirigeants des principales fédérations syndicales, l’UGT, la CUT et Forca Sindical, ainsi que les organisations communautaires et nationales de défense des droits civiques. Le Brésil dispose d’un système judiciaire spécial pour les questions liées au travail, et la délégation a rencontré les juges du tribunal du travail brésilien.  L’un des points forts du voyage a été la rencontre avec l’ancien président brésilien Lula, qui avait déjà condamné la conduite de Nissan lors d’un discours adressé à une convention de l’UAW à Washington. Avant de devenir président du Brésil, Lula était le dirigeant d’un syndicat brésilien d’ouvriers de l’automobile.

Le peuple brésilien a accueilli la délégation avec un soutien chaleureux et enthousiaste. Au Brésil, l’opinion publique favorise fortement les droits des travailleurs. Aussi, le fait que Nissan ait décidé de supprimer l’activité syndicale aux États-Unis a suscité une vive déception. Si un groupe mondial cible les ouvriers d’un pays donné, il y a lieu de s’inquiéter sur le prochain pays visé. Nissan coopère aujourd’hui avec des syndicats du Brésil, du Japon et de nombreux autres pays, mais qu’est-ce que les actions de Nissan dans le Mississippi révèlent à propos de ce groupe ?

Les dirigeants syndicaux, agents publics et militants brésiliens feront tout ce qui est en leur pouvoir pour que ce qui se passe dans le Mississippi s’arrête. Ils exigent également que Nissan fasse preuve de respect dans sa manière de traiter l’ensemble de ses ouvriers à travers le monde entier.

Les Sud-Africains promettent des activités de solidarité pour les ouvriers de Nissan Mississippi

Au cours d’un déplacement en Afrique du Sud, une délégation d’ouvriers de Nissan Mississippi et de dirigeants de la communauté a reçu un soutien enthousiaste exprimé, entre autres, par des manifestations dans une concession Nissan et à l’ambassade japonaise.  La délégation était formée du Dr Isiac Jackson, président de l’organisation Mississippi Alliance for Fairness at Nissan (MAFFAN), de Derrick Johnson, président de la NAACP Mississippi, et de Betty Jones, technicienne chez Nissan. Jones a prononcé un discours passionné devant 800 ouvriers Nissan syndiqués, qui ont été profondément offensés que leur société empêche ses ouvriers de former un syndicat aux États-Unis tout en coopérant, d’autre part, avec les syndicats du monde entier. Les travailleurs ont accueilli Jones avec des chants et de la danse, s’engageant à transmettre son message à l’ensemble de la population sud-africaine.

Le président de l’UAW, Bob King, et Danny Glover ont accompagné la délégation.

Les Sud-Africains ont organisé une marche jusqu’à l’ambassade japonaise où s’est déroulée une manifestation visant à faire connaître les attaques de Nissan contre les droits des travailleurs du Mississippi. Ils ont également organisé un rassemblement dans une concession Nissan. Ils se sont engagés à poursuivre la sensibilisation et la mobilisation du public sud-africain à propos de la manière dont Nissan traite ses ouvriers comme des citoyens de seconde zone.

La délégation a rencontré la direction de Nissan pour lui demander de transmettre nos inquiétudes aux dirigeants de la société. Ils ont rencontré le syndicat NUMSA, représentant les ouvriers de Nissan, ainsi que les dirigeants de la fédération des syndicats d’Afrique du Sud (COSATU), le syndicat des ouvriers de l’industrie du vêtement et le syndicat des joueurs de football. La délégation a également eu l’occasion de visiter la ferme de Liliesleaf où les leaders du mouvement anti-apartheid ont été arrêtés.

Lors d’une rencontre avec les dirigeants du Congrès national africain (ANC), les responsables publics ont exprimé leur soutien à la délégation et ont juré de faire tout leur possible pour aider les ouvriers.

L’UAW et les syndicats d’Afrique du Sud sont unis par un lien très fort car l’UAW a été, pendant de nombreuses années, un leader dans la lutte contre le gouvernement de l’apartheid. L’UAW a pris de nombreuses mesures pour soutenir les ouvriers luttant pour le droit au syndicat en Afrique du Sud et pour le droit à l’égalité et à la démocratie. Nos frères et sœurs sud-africains ont juré de tenir Nissan pour responsable de son manque de respect des droits du travail aux États-Unis.

Le peuple sud-africain offre des modèles exemplaires de lutte contre l’injustice, et il se révèlera un soutien important aux efforts déployés pour que Nissan respecte les droits des ouvriers du Mississippi.

Le rapport établi par l’organisation Good Jobs First s’interroge sur la responsabilisation de Nissan

Ayant bénéficié de plusieurs centaines de millions de dollars d’allègement d’impôts et d’autres formes d’aide publique, Nissan a le devoir, envers la communauté, de respecter les droits des travailleurs. Le groupe de réflexion à but non lucratif Good Jobs First a présenté un rapport lors d’une conférence de presse parrainée par l’organisation Mississippi Alliance for Fairness at Nissan au Capitole de l’État du Mississippi, à Jackson. Ils se sont également demandé si les immenses avantages consentis à Nissan étaient une bonne affaire pour le Mississippi, compte tenu de l’engouement du groupe pour les emplois temporaires.

http://www.clarionledger.com/article/20130518/NEWS01/305180022/Report-Nissan-job-creation-lags

La direction de l’usine refuse de rencontrer les étudiants militantsEd_ensley

Trente membres de l’organisation Concerned Students for a Better Nissan, issus des quatre coins du sud-est des États-Unis, ont fait le déplacement jusqu’à l’usine Nissan de Canton pour rencontrer la direction de l’entreprise et l’interroger sur ses pratiques d’intimidation des travailleurs.  Les étudiants ont attendu à l’accueil mais Nissan n’a pas souhaité les rencontrer.

Les travailleurs s’expriment au sujet des emplois temporaires

L’une des préoccupations qui a poussé de nombreux techniciens de Nissan à vouloir se syndiquer est le recours à des travailleurs contractuels dans la production.  De nombreux employés temporaires à long terme, appelés « permatemps », travaillent au côté des employés permanents, mais ils ne bénéficient pas de la sécurité de l’emploi et reçoivent un salaire considérablement plus bas et moins d’avantages. Les travailleurs souhaitent un syndicat pour faire entendre leur voix afin que leurs collègues, qui ne sont pas des employés permanents de Nissan, obtiennent des droits égaux.  Les travailleurs ont créé un t-shirt sur lequel on peut lire « Je suis Kelly, je suis Nissan », faisant référence à l’agence de travail temporaire Kelly Services, qui emploie nombre de leurs collègues.